Lettre à tous les heureux bénéficiaires d'un privilège en voie de disparition
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St Auban, le 18 mai 2006 Chers ami(e)s pilotes de montagne, Je m'adresse à vous tous avec gravité en espérant que vous comprendrez mon « coup de gueule » comme une sorte d'avertisseur de décrochage nous invitant tous, et rapidement, à changer d'attitude. Notre sport, notre passion, sont en danger par notre propre comportement. J'étais
fier, ces dernières années, de vous annoncer des
ouvertures de pistes, obtenues parfois après de longues
négociations et pas mal d'efforts. En un an, 4 pistes viennent de fermer: St Français Longchamp, Col de Baccus, Nossage, Lus la Croix Haute. Fatalité? signe des temps? non, je dirais plutôt égoïsme et inconscience. Nos pistes ne sont pas des « kleenex » que l'on peut jeter après usage, il nous faut avoir constamment à l'esprit que nos collègues, et je dirais surtout nos successeurs, voudraient bien continuer à pouvoir les utiliser. Dans ces conditions, est il bien raisonnable: De tourner à plusieurs sur une même plate forme signalée comme sensible aux nuisances, avec de préférence des avions dépourvus de silencieux ? De traiter par le mépris une croix sur la piste, et d'y faire 5 tours de piste successifs? D'atterrir sur une piste en cours d'ouverture, et bien entendu avant que cette ouverture ne soit officialisée? Qu'un avion, pourtant avec instructeur fasse 10 atterrissages successifs sur la même plate forme ? De survoler allègrement les villages en tour de piste ? De confondre atterrissage et labourage sur piste grasse ?
Je pourrais continuer cette triste litanie. Mais il y a pire. Trop d'accidents récents démontrent, si on en analyse objectivement les causes, au mieux un excès de confiance, au pire une grande inconscience et un non respect de la réglementation. Il
nous faut d'urgence nous remettre en question au lieu de tenter
de nous défausser sur un état de piste, au risque
d'inciter nos assureurs à mettre en cause la responsabilité
du propriétaire, avec les conséquences désastreuses
que vous imaginez. Gardons à l'esprit que même les grands sauriens ont disparu, nous sommes plus fragiles qu'eux, soyons raisonnables, prudents et responsables si nous ne voulons pas être la dernière génération des pilotes de montagne. La réaction salutaire à laquelle je vous invite aujourd'hui n'est pas au dessus de vos capacités, il nous suffit, tous ensemble, de ne pas nous affranchir des règles que nous avons pour la plupart édictées, et auxquelles nous avons tous un jour adhéré. Je vous en remercie d'avance au nom de notre communauté. NoëI GENET Président de I'AFPM |